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Sauver plutôt que jeter : le pari de Marina chez Renfile

22 mai 2026

Arrivée à Genève après une carrière dans la banque puis dans une ONG internationale, elle découvre rapidement Renfile, d’abord comme cliente. Sensible à la seconde main, elle y voit une évidence : «J’ai grandi avec cette valeur fondamentale de toujours réutiliser, récupérer. En seconde main, on trouve de tout, et pas seulement les choses à la mode. Il y a plus de choix, et souvent de meilleure qualité. Pour moi, ça a beaucoup de sens.»

Son engagement démarre avec le projet européen STAR3, un programme transfrontalier France-Suisse qui vise à mieux comprendre et valoriser les textiles usagés. Ce qui l’attire tout de suite ? Le côté recherche. «J’avais envie de comprendre, d’analyser, de trouver des solutions concrètes.»

Pendant six mois, Marina plonge au cœur du tri textile. Son rôle est très spécifique : scanner les vêtements écartés à l’aide d’un spectromètre pour identifier précisément leur composition. Fibres naturelles, synthétiques, mélanges complexes… chaque pièce devient une donnée précieuse.

Ce travail s’inscrit dans une démarche plus large : cartographier les flux de textiles sur le territoire du Grand Genève. D’où viennent nos déchets textiles ? De quoi sont-ils composés ? Un travail de fond, essentiel pour améliorer les techniques de tri et identifier de nouvelles pistes de revalorisation.

Confrontée à la réalité du tri, Marina est marquée par la quantité de pièces écartées. «Les clients en seconde main sont exigeants, parfois plus que dans le neuf. Du coup, le tri est minutieux et nous devons jeter énormément. C’est difficile à voir.» Plutôt que de s’arrêter à ce constat, elle cherche des solutions concrètes. Elle imagine alors un espace pilote à la brocante de Plan-les-Ouates, où les collaborateurs peuvent récupérer gratuitement des articles non vendables en magasin, mais encore utilisables. Une manière simple, mais efficace, de prolonger la vie des objets et de sauver encore plus de pièces.

À la fin de sa mission initiale, Marina choisit de rester. Aujourd’hui, elle s’investit dans l’atelier de Design circulaire, aux côtés de l’équipe. Elle aide à restaurer des meubles, transformer des matériaux, accompagner des étudiants en quête de ressources pour leurs projets créatifs. Elle répond aussi à des demandes spécifiques : trouver des t-shirts pour un festival, du tissu particulier pour une association… Ici, rien ne se perd, tout peut devenir une ressource.

Son moteur ? Imaginer le potentiel caché derrière chaque objet.

«J’aime penser à la vie des vêtements que je trouve. Certains ont été portés, aimés, réparés… et arrivent ici. On peut encore faire quelque chose avec.»

Mais ce qui la marque aussi, c’est l’ampleur du phénomène de la fast fashion. Ces vêtements peu portés, parfois jamais, qui finissent déjà au tri. «Beaucoup de vêtements sont quasi neufs, parfois jamais portés. On pense faire une bonne affaire en achetant pas cher, mais en réalité, on perd de l’argent… et on alimente un système problématique.». Un constat lucide, qui renforce encore son engagement.

Marina partage quelques conseils simples 😉:

  • Avant d’acheter : se demander si on en a vraiment besoin… ou vraiment envie.
  • Éviter les achats impulsifs : ce sont souvent ceux qu’on regrette.
  • Pour donner : se tourner vers les organisations caritatives, mais penser aussi à son entourage, famille et amis

Chez Renfile, cette dynamique ne cesse de grandir. La ressourcerie, notamment, ouvre de nouvelles possibilités pour valoriser autrement les objets et les textiles. Les équipes sont toujours à la recherche de nouvelles idées, de collaborations et de projets pour aller encore plus loin dans le tri, la réutilisation et la création. Comme Marina, chacun peut, à sa manière, contribuer à faire durer les choses un peu plus longtemps.

👉 En savoir plus sur l’Atelier Design Circulaire et la ressourcerie.